Le brouhaha continu d’une foule en mouvement camoufle le cri strident de l’acier.


L’odeur du béton mouillé se mixe au parfum de milliers d’âmes qui fuient le vacarme entêtant craché par les haut-parleurs. Je suis emporté par cette gigantesque masse corporelle qui serpente longuement dans les dédales souterrains de ce qui semble être un labyrinthe.
 En me faufilant tant bien que mal dans cet amas aux mouvements robotiques, je suis finalement déposé, sans un mot, devant la gare. 


Me voici arrivé à Tenjin.




Le quartier de Tenjin (天神) vu depuis le fleuve Nakagawa qui traverse la ville de part en part



梅雨, la saison des pluies, bat son plein.


La pluie, épaisse et chaude, frappe le sol et le corps des fêtards venus coûte que coûte profiter des Yatai (屋台) qui fleurissent sur le béton mouillé. Ces petits restaurants ambulants apparaissent aux dernières lueurs du jour lorsque les esprits, fatigués de leur journée de labeur, viennent s’amasser à l’abri de la pluie. Assis au chaud, serrés entre amis et inconnus, ils viennent profiter de plats typiques et d’alcool de riz (お酒).
Les conversations se font de plus en plus vives tandis que la lune se lève sur la ville.


Le ciel, couleur bleu noir, fait profiter la ville d’une extraordinaire lumière qui, sous les néons du centre-ville, sublime les rues.
 Mon appareil photo sous la main, j’en profite.




Un Yatai (屋台) en début de soirée, le long du fleuve Nakagawa.



Tenjin, signifiant littéralement « Dieu du ciel », regroupe toutes les caractéristiques des centre-villes bondés des mégalopoles japonaises : 
Les gigantesques édifices froids et modernes côtoient les modestes quartiers vétustes qui, dans un joyeux désordre, créent un équilibre, une harmonie entre le passé et le futur.

Le présent, lui, n’est pas dans les bâtiments, ni les quartiers. Il est dans les gens qui, doucement, se baladent en riant le long du fleuve Nakagawa, et qui bientôt iront se masser dans les milliers de bars qui occupent les bas-quartiers.

Le présent fuira alors le futur, exténuant et froid, pour rejoindre le confort et la chaleur du passé.




À la nuit tombée, les habitants de Tenjin viennent se masser dans les bars bordant de vieilles rues commercantes.


Les taxis, peu chers et pratiques, écument le quartier à la recherche de clients.




Et c’est ainsi depuis bien longtemps. Quand la nuit se lève, un autre Japon apparaît à la lueur de la lune. La nuit éclaire le pays d’une lumière chaude et accueillante, et il semble plus facile d’être japonais lorsque la pénombre cache les identités.

Et moi dans tout ça, je photographie, je parcours la foule à contre-sens, mais la nuit est déjà tombée.

Je ne suis qu’un spectateur, personne ne me remarque. Les silhouettes rient de bon coeur tandis qu’elles s’engagent dans les étroites ruelles des bas-quartiers.

C’est ça l’esprit de Tenjin. 





À la nuit tombée, le ciel orageux et les lumières de la ville se complémentent parfaitement.



Bienvenu sur mon blog « Ma vie au Japon ». Le but de ce blog est de me donner une plateforme créative me permettant de poster mes photos accompagnées de courts articles décrivant subjectivement ce que j’ai ressenti lorsque j’ai visité ce magnifique pays.

Si l’article vous a plu, n’hésitez pas à le partager, ou à me suivre sur Instagram, endroit où je poste la plupart de mes photos.

Dōmo arigatō,

Yohan